Face à la multiplication des cas de grippe porcine enregistrés chez l’homme dans plusieurs pays, dont le Mexique, les Etats-Unis et le Canada, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) explique ce qu’il faut savoir sur cette maladie et sur ses répercussions sur la santé humaine.

1. Qu’est-ce que la grippe porcine?

La grippe porcine est une maladie respiratoire aiguë du porc hautement contagieuse, provoquée par l’un des quelques virus grippaux porcins de type A, dont la morbidité a tendance à être élevée et la mortalité faible (1-4%). Le virus se propage chez les porcs par des aérosols, par contact direct et indirect, ainsi que par des animaux porteurs asymptomatiques. On enregistre des flambées chez les porcs tout au long de l’année, avec une incidence accrue à l’automne et en hiver dans les zones tempérées. De nombreux pays vaccinent systématiquement les populations de porcs contre la grippe porcine.

Les virus grippaux porcins appartiennent le plus souvent au sous type H1N1, mais d’autres sous-types circulent également (par exemple, H1N2, H3N1, H3N2). Les porcs peuvent être infectés par des virus grippaux aviaires et des virus de la grippe saisonnière humaine, aussi bien que par des virus grippaux porcins. On pense qu’à l’origine le virus porcin H3N2 a été introduit chez le porc par l’homme. Il arrive que les porcs soient infectés par plusieurs types de virus en même temps, ce qui peut permettre aux gènes de ces virus de se mélanger, et d’engendrer un virus grippal contenant des gènes provenant de diverses sources appelé « virus réassorti ». Bien que les virus grippaux porcins soient normalement spécifiques d’espèce et n’infectent que les porcs, ils franchissent parfois la barrière d’espèce pour provoquer la maladie chez l’homme.

2. Quelles en sont les répercussions sur la santé humaine?

Des flambées des infections sporadiques de grippe porcine chez l’homme ont été parfois rapportées. Les symptômes cliniques généraux sont les mêmes que pour la grippe saisonnière, mais le tableau clinique rapporté est très variable, allant d’une infection asymptomatique jusqu’à une pneumonie grave entraînant le décès.

Comme le tableau clinique classique de l’infection par le virus de la grippe porcine chez l’homme ressemble à ceux de la grippe saisonnière et d’autres infections des voies respiratoires supérieures, la plupart des cas ont été dépistés par hasard à l’occasion de la surveillance de la grippe saisonnière. Des cas bénins ou asymptomatiques peuvent être passés inaperçus et c’est pourquoi on ignore quelle est l’étendue réelle de la maladie chez l’homme.

3. Où se sont produits les cas enregistrés chez l’homme?

Depuis la mise en application du RSI (2005) en 2007, l’OMS a reçu des notifications de cas de grippe porcine en provenance des États-Unis d’Amérique et d’Espagne.

4. Comment les gens contractent-ils l’infection?

En général, les gens contractent la grippe porcine à partir de porcs infectés, mais certains cas répertoriés chez l’homme ne montrent aucune notion de contact avec des porcs ou des environnements où des porcs auraient séjourné. Il y a eu transmission interhumaine dans quelques cas mais elle a été limitée aux contacts proches ou à des groupes fermés.

5. Peut-on manger de la viande de porc et des produits dérivés du porc en toute sécurité?

Oui. Il n’a pas été démontré que la grippe porcine puisse être transmissible à l’homme par l’ingestion de viande de porc ou d’autres produits dérivés du porc correctement manipulés et préparés. Le virus grippal porcin est tué par des températures de cuisson de 160°F/70°C, ce qui correspond aux instructions généralement données pour la préparation du porc et d’autres viandes.

6. Quels pays ont été touchés par des flambées chez le porc?

La grippe porcine n’est pas une maladie à déclaration obligatoire aux autorités de santé vétérinaire internationales (OIE), on ne connaît donc pas très bien sa répartition internationale. Elle est considérée comme endémique aux États-Unis d’Amérique. On sait également que des flambées se sont produites chez les porcs en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Europe (notamment au Royaume-Uni, en Suède et en Italie), en Afrique (Kenya) et dans certaines parties d’Asie, notamment en Chine et au Japon.

7. Qu’en est-il du risque de pandémie?

Il est probable que la plupart des gens, en particulier ceux qui ne sont pas régulièrement en contact avec des porcs, ne possèdent pas l’immunité contre les virus grippaux porcins qui permettrait de prévenir l’infection. Si un virus porcin parvient à établir une transmission interhumaine efficace, il peut provoquer une pandémie de grippe. Il est difficile de prédire les effets d’une pandémie provoquée par un tel virus: ils dépendent de la virulence du virus, de l’existence d’une immunité chez les gens, de la protection croisée conférée par les anticorps fabriqués à l’occasion d’une grippe saisonnière, ainsi que de facteurs liés à l’hôte.

8. Existe-t-il un vaccin pour protéger l’homme contre la grippe porcine?

Il n’existe aucun vaccin renfermant le virus grippal porcin actuel à l’origine de la maladie chez l’homme. On ignore si les vaccins contre la grippe saisonnière peuvent conférer une protection. Les virus grippaux évoluent très rapidement. Il est important de mettre au point un vaccin contre la souche virale qui circule actuellement, de façon qu’il confère une protection maximum aux sujets vaccinés. C’est pourquoi l’OMS doit avoir accès au plus grand nombre de virus possible pour pouvoir sélectionner le virus vaccin candidat approprié.

9. De quels médicaments dispose-t-on pour le traitement?

Des antiviraux contre la grippe saisonnière sont disponibles dans certains pays et ils permettent de prévenir et de traiter efficacement cette maladie. Il existe deux classes d’antiviraux : 1) les adamantanes (amantadine et rémantadine) et 2) les inhibiteurs de la neuraminidase des virus grippaux (oseltamivir et zanamivir).

La plupart des cas de grippe porcine précédemment notifiés ont montré un rétablissement complet sans assistance médicale ni antiviraux.

Certains virus grippaux développent une résistance aux antiviraux, limitant l’efficacité de la chimioprophylaxie et du traitement. Les virus obtenus à partir des cas de grippe porcine récemment dépistés chez l’homme aux États-Unis d’Amérique étaient sensibles à l’oseltamivir et au zanamivir mais résistants à l’amantadine et à la rémantadine.

On ne dispose pas de suffisamment d’informations pour pouvoir faire des recommandations sur l’utilisation des antiviraux dans la prévention et le traitement de l’infection par le virus grippal porcin. Les cliniciens doivent prendre des décisions basées sur l’évaluation clinique et épidémiologique des cas, ainsi que sur les avantages et inconvénients2 de la prophylaxie/du traitement pour les malades. Concernant la flambée en cours d’infection par le virus grippal porcin sévissant aux États-Unis et au Mexique, les autorités nationales et locales recommandent d’utiliser de l’oseltamivir ou du zanamivir pour le traitement et la prévention de la maladie en se basant sur le profil de sensibilité du virus.

10. Que dois-je faire si je suis régulièrement en contact avec des porcs?

Même si rien n’indique clairement que les cas d’infection par le virus grippal porcin actuellement rencontrés chez l’homme soient liés à des infections récentes ou en cours de type grippal chez le porc, il serait souhaitable de réduire au minimum les contacts avec des porcs malades et de signaler ces derniers aux autorités de santé vétérinaire compétentes.

La plupart des gens contractent l’infection à la suite d’un contact prolongé et étroit avec des porcs infectés. Il est essentiel d’appliquer les mesures d’hygiène rigoureuses lors de tous les contacts avec les animaux et c’est particulièrement le cas au moment de l’abattage et des opérations qui suivent ce dernier afin de prévenir une exposition aux agents infectieux. Les animaux malades ou les animaux qui meurent suite à une maladie ne doivent pas être envoyés à l’abattage. Suivre les conseils plus précis énoncés par les autorités nationales compétentes.

Il n’a pas été établi que la grippe porcine soit transmissible à l’homme suite à l’ingestion de viande de porc ou d’autres produits dérivés du porc correctement traités et préparés. Le virus de la grippe porcine est tué par des températures de cuisson de 160°F/70°C, qui correspondent aux instructions généralement données pour la préparation de la viande de porc et des autres viandes.

11. Comment puis-je me protéger contre les gens infectés par la grippe porcine?

Par le passé, les cas d’infection humaine par le virus de la grippe porcine étaient généralement bénins, mais on sait que ce virus a provoqué des pathologies graves telles que des pneumonies. Concernant les flambées qui sévissent actuellement aux Etats-Unis d’Amérique et au Mexique, les tableaux cliniques sont cependant différents. Aucun des cas confirmés aux Etats-Unis d’Amérique n’a présenté de forme grave de la maladie et les malades se sont rétablis sans nécessiter de soins médicaux. Au Mexique, il apparaît, selon les informations disponibles, que certains malades ont présenté la forme grave de la maladie.

28 avril 2009.

Merci à mon ami Bertho Lenesca du Centre de presse de l’ONU (Amérique centrale) qui m’a envoyé cette dépêche. Je la partage avec vous avec joie. Pour information.

Pour celles et ceux qui s’intéressent au métier de documentaliste, je recommande vivement l’excellent petit livre de Jacques CHAUMIER, Les techniques documentaires, coll. “Que sais-je?”, Paris, PUF, 2002, 127 p.

C’est la 9e édition mise à jour.  La 1ère date de 1971.

Ce livre fait un exposé pédagogique de la question et est écrit dans un langage accessible.  Pour un premier contact avec le vocabulaire, c’est ce qu’il faut !

Le documentaliste est à l’affût de l’information.  Il traite et gère les documents pour le plus grand bonheur des utilisateurs.  En ce sens, on peut considérer le documentaliste comme un passeur d’idées.  Quelqu’un qui s’engage à passer l’information, à retrouver le document demandé.  La plus grande satisfaction du documentaliste est de voir sa contribution à la réussite d’un projet : pédagogique, de recherche, artistique…

Et vous ?  Quelle est votre vision actuelle de la profession ?

La mission du centre de documentation, centrée sur l’utilisateur, alliée à la maîtrise des technologies et aux compétences professionnelles éclaire le futur du métier de documentaliste“.
Le documentaliste se tient au carrefour de deux mondes : le monde réel représenté par l’utilisateur, et le monde virtuel de l’information“.

Jean-Philippe Accart et Marie-Pierre Réthy concluent ainsi leur ouvrage “Le métier de documentaliste” paru en 1999 aux éditions du cercle de la librairie.
Nous leur avons demandé leur point de vue sur l’évolution de cette profession.

1. La fonction, les missions

Différentes dénominations ont été attribuées aux professionnels de l’information depuis le début du siècle : bibliographe, rédacteur, analyste indexeur, documentaliste, chargé d’études documentaires, chargé de recherches d’informations, chargé de missions, consultant, webmestre, enseignant documentaliste, enseignant chercheur en sciences de l’information, responsable de service d’informations…
Quels changements de la profession signifient-elles ?
Quelles sont pour vous les étapes caractéristiques de ce métier ?

Jean-Philippe Accart

“Le métier de documentaliste est relativement récent.
Il date d’un siècle et s’est construit par rapport au métier de bibliothécaire lui même beaucoup plus ancien. Les précurseurs Paul Otlet et Henri Lafontaine sont les premiers à utiliser le terme de documentation.
Il se développe avec la révolution industrielle et la création de nouveaux secteurs d’activités économiques qui engendrent le développement des activités documentaires, du traitement de l’information et la création de centres de documentation.

La profession commence à se structurer grâce aux bibliothécaires. En 1926, à Prague sont jetées les bases de l’IFLA (International Federation of Libraries Associations and Institutions). En 1931, l’Union Française des Organismes de Documentation se met en place. L’UFOD est un véritable laboratoire de recherche qui précise la terminologie, les règles et les normes de la profession ; c’est aussi un lieu d’échanges et de formation entre bibliothécaires, conservateurs, documentalistes et archivistes.

En 1950, est créé l’INTD (Institut National des Techniques de la Documentation), première école nationale habilitée à former les techniciens de la documentation et à délivrer des diplômes de documentaliste.

En 1963, l’ADBS (Association des bibliothécaires documentalistes spécialisés) voit le jour ; aujourd’hui principale association des professionnels de l’information et de la documentation, l’ADBS compte 6 000 adhérents.

A partir des années 1970, il y a un véritable boum de la profession notamment avec l’arrivée de l’informatique documentaire, des technologies de l’information et bien sûr de l’internet.

Les dénominations changent mais ce qui caractérise toujours le métier, c’est le traitement de l’information.”

2. Les statuts

Les documentalistes de CDI ont obtenu un statut avec la mise en place d’un CAPES en 1990. Les bibliothécaires ont vu leurs missions et leurs formations redéfinies.
Qu’en est-il du statut des documentalistes dans l’entreprise privée ou dans la fonction publique en général ?
Les associations professionnelles jouent-elles un rôle dans la définition des statuts ?

Marie-Pierre Réthy

“Le statut de documentaliste est défini dans une entreprise privée par le contrat d’embauche : le documentaliste peut faire partie à part entière des cadres tenant alors un rôle de décideur ou de chef de projet. Mais il peut n’être également qu’un exécutant.

Des statuts existent dans certaines fonctions publiques, malheureusement pas dans toutes. Des concours de différentes catégories (A,B,C) sont organisés.

Il est certain que les associations professionnelles ont joué et jouent encore un grand rôle dans la reconnaissance du statut des documentalistes : elles sont l’interlocuteur privilégié entre l’état, l’entreprise et le documentaliste.

L’ADBS, par exemple, a créé en son sein une commission ” Statut ” qui a beaucoup travaillé à la mise en place du concours interministériel de chargé d’études documentaires pour les catégories A et travaille actuellement pour la catégorie B.

L’ADBS propose aussi une certification pour promouvoir les acquis professionnels des documentalistes, qui ne possèdent pas de diplômes professionnels mais qui exercent leur métier depuis très longtemps : la certification leur permet de valider leurs acquis. La certification deviendra même européenne grâce au projet DECIDOC.
La certification permet la reconnaissance d’un ” savoir-faire “, la reconnaissance de la profession en dehors de tout cadre figé.”

3. Bibliothécaires et documentalistes

Vous avez parlé des bibliothécaires dans la construction du métier de documentaliste. On a longtemps opposé la gestion du fonds réservé aux bibliothécaires au traitement du contenu par les documentalistes. Les deux métiers semblent se rapprocher aujourd’hui : quels sont les points de convergence ? Peut-il y avoir complémentarité entre le bibliothécaire de bibliothèque municipale, d’université, d’entreprise et le documentaliste d’établissement scolaire ?

Jean-Philippe Accart

“Il est exact qu’on a opposé longtemps (et on oppose toujours) les deux métiers, les documentalistes souhaitant se différencier de leurs collègues bibliothécaires et faire reconnaître leur spécificité (traitement et analyse du contenu, diffusion de l’information, veille). Dans les faits, la différence est importante par rapport à la question du statut des deux professions et d’exercice des métiers, les bibliothécaires ayant un statut de fonctionnaire d’état ou des collectivités territoriales mieux assuré. Cette question a évolué favorablement pour les documentalistes depuis 1998 et également avec le Capes de documentation. Cependant les cadres d’exercice sont très différents et peut-être plus “précaires” pour les documentalistes en général.

A l’heure actuelle, les points de convergence sont de plus en plus évidents : par l’arrivée des technologies tout d’abord, les bibliothèques proposant les mêmes outils de recherche d’information que les centres de documentation (banques de données, cédéroms, Internet,…) ; par l’arrivée en force de l’économie dans les deux secteurs (gestion, performance du service, rentabilité, qualité,…) ; par l’émergence de préoccupations communes ayant trait au monde de l’information (validité et pertinence de l’information diffusée, droit de l’information, société de l’information). Enfin, le facteur majeur de convergence est certainement la prise de conscience du rôle central de l’utilisateur / lecteur / usager (élève, étudiant, enseignant, public spécialisé ou plus large) ce qui entraîne bibliothécaire et documentaliste à mieux mettre en lumière leur action, à transmettre leur savoir-faire.

La complémentarité existe réellement et à plusieurs niveaux : des fonds et des collections, des espaces et technologies proposées, des compétences que les deux métiers peuvent échanger. Leur intérêt (et leur avenir) repose d’ailleurs sur cet échange : c’est dans ce sens que travaillent les principales associations, l’ABF et l’ADBS.”

4. Technologies de l’information et accès à l’information

L’accès à l’information se diversifie ; un milliard de documents est disponible sur l’internet ; les outils de recherche se popularisent ; l’information semble à la portée de tous.
A votre avis, les utilisateurs peuvent-ils se passer des professionnels ?

Marie-Pierre Réthy

“Dans la vie de tous les jours, il est certain que les utilisateurs recherchent eux-mêmes ce qu’ils veulent : ils peuvent disposer des cours de la bourse, acheter un billet de train ou d’avion et pour cela un documentaliste ne leur est pas nécessaire.
Cependant, dans le cadre de demandes plus complexes, le documentaliste est et restera indispensable. Selon la complexité de la demande, le documentaliste tiendra un simple rôle d’assistanat ou deviendra un véritable partenaire. L’utilisateur se passera du documentaliste tant qu’il ne verra dans l’internet que l’aspect ludique mais lorsque la recherche se compliquera, il fera appel au documentaliste.
En effet, tout dépend du niveau de complexité de la recherche elle-même.

On parle de la mort annoncée du métier chaque fois qu’apparaissent de nouvelles technologies ; on disait la même chose lorsque est apparu le Minitel.
Mais le métier de documentaliste évolue parallèlement à la technologie, il ne meurt pas.

Tant qu’il y aura des producteurs d’informations, de nouvelles techniques, le documentaliste sera là pour permettre à l’utilisateur final de trouver ce qu’il recherche. Pour le documentaliste, trouver la bonne information a toujours été la priorité quelque soit le support : le métier a toujours évolué avec les technologies et les documentalistes ont un grand pouvoir d’adaptation.”

5. Le documentaliste médiateur et les besoins des utilisateurs

Que veut dire documentaliste médiateur ? Comment définiriez-vous le terme médiation ?

Marie-Pierre Réthy

“Médiation évoque l’idée de lien, de chaînon qui rétablit tout. La médiation se décline différemment suivant les publics mais elle passe toujours par une discussion, un dialogue, un contact avec l’utilisateur.

La médiation permet la mise en commun des savoirs de l’utilisateur et du documentaliste.
Le triptyque information, documentaliste, utilisateur implique une médiation.
Le documentaliste qui connaît bien son domaine et les besoins de ses utilisateurs,  peut les anticiper.

Que cherchent les utilisateurs ?
En général ils cherchent une information qui leur soit donnée rapidement, qui soit pertinente, qui soit actualisée, qui soit vérifiée. Une fois qu’ils ont l’information, ils veulent de façon aussi rapide le document primaire et aussi avoir accès à des sources et à des supports multiples

Ils ne se contentent pas d’un document papier, ils veulent un “filet garni”, des documents variés (papier, vidéo, cédérom..), des informations provenant de sources diverses (discussion, forum, interrogation d’une base de donnée..). Un centre de documentation se doit aujourd’hui d’être multi-supports, multi-accès.”

6. Le documentaliste formateur

La formation des usagers se pratique très largement dans les lieux d’information et de lecture : elle concerne autant le grand public que le chercheur, autant le débutant que l’expert.
Est-ce que c’est un phénomène nouveau ?
Pourquoi et par qui cette formation est-elle ressentie comme nécessaire ?
Et selon vous, y a-t-il des contenus communs, incontournables à proposer quand le documentaliste se place comme formateur ; est-ce qu’il y a au niveau de la formation de l’utilisateur des choses vraiment qui reviennent toujours, qui sont un peu incontournables ?

Marie-Pierre Réthy

“Former les utilisateurs semble être un phénomène nouveau.
Depuis quelques années, on prend conscience de la nécessité de proposer aux enfants dès leur plus jeune âge l’apprentissage de l’autonomie.
De plus en plus, dans de nombreux cursus, un enseignement à la recherche documentaire est organisé par les documentalistes qui ont pris conscience de ce besoin.

Nos collègues des Instituts de Formation en Soins Infirmiers par exemple, forment depuis de nombreuses années les élèves infirmier(e)s à se repérer dans une bibliothèque, à utiliser une documentation, à pratiquer la recherche documentaire et ses outils.

Les documentalistes forment à l’utilisation des outils documentaires et plus généralement au principe et à la méthodologie de la recherche documentaire : connaître les sources d’information, les trier, les valider voire les critiquer sont les étapes de base de ces formations.”

7. Le documentaliste et le travail en réseau

Travail en équipe, travail en réseau…
Qu’est-ce que cela veut dire aujourd’hui pour le documentaliste ? En quoi et comment les technologies de l’information favorisent-elles le travail en réseau, le partage des compétences ?

Jean-Philippe Accart

“La notion de réseau a été très vite intégrée par le monde documentaire (bibliothèques et centres de documentation). Elle sous-tend maintenant toute la logique du système bibliothéconomique et documentaire, local, national et international.

L’objectif principal est la diffusion et l’échange d’information : le prêt entre bibliothèques, le catalogage partagé, l’indexation partagée, la consultation de catalogues à distance sont des exemples des possibilités qu’offre le réseau. L’échange se produit aussi de manière moins formelle sur les listes de discussions professionnelles et les forums. L’appartenance à une communauté professionnelle est renforcée par le réseau. Ainsi, même s’il est isolé dans son entreprise, son lycée ou sa bibliothèque, le professionnel se sent moins solitaire, mais solidaire d’un métier, d’une profession.

Le réseau démultiplie l’accès à l’information.

La notion de réseau met aussi en évidence la mutualisation des moyens. C’est là-dessus que repose l’idée de consortium débattue à l’heure actuelle dans le milieu professionnel.”

8. Le documentaliste et l’internet

L’internet modifie les pratiques professionnelles : évolution des outils, évolution des accès à l’information, évolution des modes de recherche. Est-ce que très concrètement vous pourriez donner des exemples significatifs de ces changements, de cette importance de l’internet dans les pratiques professionnelles ?

Marie-Pierre Réthy

“Il est certain que depuis l’arrivée de l’internet, nos pratiques documentaires ont été modifiées. Nous créons nos produits de façon différente, nous les adaptons aux nouveaux besoins de nos utilisateurs.

Par exemple, dans mon service, nous avons recherché sur l’internet les 500 périodiques spécialisés en neurologie, nous les avons indexés et l’utilisateur peut d’un seul clic avoir soit la description du périodique soit le périodique lui-même. L’internet nous permet de gagner en rapidité et en efficacité.

L’autre grande nouveauté est le courrier électronique.
Nous travaillons en direct avec nos utilisateurs même les plus éloignés : finis les délais de poste, le timbrage.
Les échanges professionnels entre collègues sont facilités et les listes de diffusion une source d’information inépuisable.

Nous pouvons aussi accéder directement au document primaire, ce qui était le souhait le plus cher des bibliothécaires, des documentalistes et des usagers. Ainsi GALLICA permet un accès direct aux textes de la littérature dans leur intégralité.”

9. Le documentaliste et l’intranet

Intranet, portail, plate-forme, réseau local. Tous ces termes font partie du vocabulaire professionnel. Comment définiriez-vous un intranet ? En quoi le documentaliste est-il concerné par la mise en oeuvre d’un intranet ?

Jean-Philippe Accart

“L’intranet est l’un des outils actuels dont les documentalistes doivent s’emparer, ce qu’ils font d’ailleurs généralement. L’internet avait déjà bouleversé le métier, l’intranet est une évolution supplémentaire qui permet d’adapter les services offerts et de mieux valoriser le travail documentaire.

L’intranet utilise l’infrastructure de l’internet (réseau, protocoles d’échange de données) mais au niveau interne de l’entreprise. C’est le prolongement du réseau local interne dont l’idée n’est pas récente. S’y ajoute, entre autre, la possibilité offerte de publier des informations par tout un chacun, après un apprentissage relativement rapide du langage HTML. Un centre de documentation, une bibliothèque peuvent ainsi proposer leurs services et produits directement sur le réseau interne, accessibles sur chaque poste de l’organisation. Le contact direct, ainsi que la diffusion sélective d’information, sont facilités par la messagerie. Allié à un système de gestion électronique de document (GED), ou d’OPAC (qui rend un catalogue informatisé accessible sur le réseau), l’intranet est un excellent moyen de diffusion d’une information structurée, organisée. Le documentaliste enrichit ainsi ses compétences.

Un projet d’intranet concerne l’organisation dans son ensemble, l’objectif étant de favoriser la communication interne. Le documentaliste doit faire “une offre documentaire” permettant d’intégrer le centre de documentation dans le réseau interne. C’est une manière pour lui de valoriser son action et son travail, et cela s’apparente à une véritable conduite de projet.”

10. Évolution du métier et établissement scolaire

Dans les établissements scolaires, de nouveaux dispositifs pédagogiques se mettent en place : travaux croisés et parcours diversifiés dans les collèges, travaux personnels encadrés dans les lycées, projets pluridisciplinaires à caractère professionnel dans les lycées professionnels.
Tous ces dispositifs placent la maîtrise de l’information au centre des apprentissages et tous la repèrent comme une condition de la construction des savoirs. Ils bousculent l’enseignant dans sa façon de transmettre les connaissances et ils bousculent le documentaliste dans ses relations avec les enseignants et les élèves. Le documentaliste n’aura peut-être plus l’exclusivité de la formation des élèves à la maîtrise de l’information et l’enseignant devra prendre en charge cet enseignement au sein de sa discipline.
Quel positionnement peut-on entrevoir pour le documentaliste dans ce nouveau schéma ?

Marie-Pierre Réthy

“Sans doute faudrait-il mettre en place un véritable partenariat entre l’enseignant et le documentaliste. Le documentaliste peut très bien former les élèves à la recherche documentaire et l’enseignant alerter sur la validité scientifique de l’information. Il peut y avoir un échange de savoirs et de savoir faire à ses niveaux là, un échange à la fois sur le fond et sur la forme.”

Jean-Philippe Accart

“Les documentalistes de CDI devraient prendre conscience qu’ils appartiennent à un vrai métier et que, comme tout documentaliste, ils doivent mettre en place une politique documentaire clairement affichée avec des objectifs d’accès à l’information, de formation des utilisateurs, de développement du centre de documentation…

Se fixer des objectifs réalisables à court, moyen et long terme, négocier avec sa hiérarchie, définir avec ses partenaires les rôles de chacun, obtenir les moyens nécessaires, annoncer à tous et atteindre les  objectifs ainsi négociés, c’est déjà mettre en place une politique documentaire.

Tout documentaliste n’a pas conscience que c’est important. Ce qui pénalise le métier finalement, c’est de ne pas définir les caps à atteindre, de ne pas savoir qui fait quoi et qui est qui et de ne pas évaluer ses résultats. Avec les nouveaux dispositifs pédagogiques, c’est le moment ou jamais de négocier, de se mettre dans une démarche de projet pour construire une politique documentaire.”

(Propos recueillis par Christine Morin)

Marie-Pierre Réthy

Documentaliste depuis 1975, Marie-Pierre Réthy est actuellement responsable de la bibliothèque médicale de l’hôpital neurologique de Lyon qui prend en charge les patients atteints d’infection du système nerveux. Les utilisateurs de cette bibliothèque sont principalement des médecins.

Jean-Philippe Accart

Jean-Philippe Accart a exercé pendant 18 ans le métier de documentaliste dans les secteurs de la santé et des sciences sociales. Il est aujourd’hui enseignant en sciences de l’information à l’IUT de Grenoble.

URL : http://www2.ac-rennes.fr/savoirscdi/metier/metier/accartrethy/accartrethy.htm

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